Prise pour cible pendant une semaine par les militants de Milit’Activ,  la fourrière de la Cirest  accumule les points noirs (lire le texte de la pétition). La presse relate un nouveau fait : une pratique discutable mise en place par cette fourrière.
Je vous copie l’intégralité de l’article paru mercredi 14 août sur Zinfos974. Vous pouvez trouver le lien et accéder au site, à la fin de l’article.

10 abandonnés, le 11ème à moitié prix… Quand la Cirest incite à se débarrasser de ses animaux

10 euros pour les dix premiers, 5 euros à partir du 11ème. Ce n’est pas l’offre promotionnelle d’un fast-food, mais un message de la Cirest concernant les abandons d’animaux.
Alors que l’abandon n’est légalement possible qu’en refuge (ce dont ne dispose pas la Cirest), l’intercommunalité de l’Est fait la promotion de cet acte de cruauté, incitant de surcroît à la récidive par le biais d’un tarif dégressif.
« Abandon d’un animal : 10,00 € TTC est demandée au propriétaire pour les dix (10) premiers abandons. À partir du onzième animal, il est demandé une participation de 5,00 € TTC (sic)« , lit-on en effet sur le site internet de la Cirest, qui ajoute que pour l’abandon d’un animal mordeur ou d’un chien de catégorie, la participation passe à 50,00 euros TTC. Et de préciser : « Le propriétaire devra prendre rendez-vous avec les agents de la fourrière et venir déposer lui même son animal sur site. Seules les personnes âgées et à mobilité réduite pourront bénéficier d’une récupération de leur animal à domicile. »
Selon une affiche placardée à l’entrée de la fourrière, « ces montants permettent de responsabiliser les propriétaires et de couvrir en partie les frais de garde et d’euthanasie ». Des arguments qui font bondir les militants de la cause animale.

Selon un avocat, « l’intercommunalité organise là une « vente d’animaux » à la fourrière
« Annonce illégale incitant à l’abandon massif ! Mais qu’attendent les personnels de la DAAF pour sanctionner ?« , se scandalise Milit’Activ’974, qui a entamé ce dimanche un blocage de la fourrière  pour protester contre son extension.

Le message est visible sur le site de la Cirest.

Selon l’association Droit de Cité (qui gère le Refuge Arche de Noé), cela concernerait en moyenne 300 animaux par an depuis 2016. « Une pratique parfaitement illégale et qui n’a pas vocation à être financée par des deniers publics, une pratique encouragée par [la] collectivité qui débarrasse à bon compte aux frais du contribuable les maîtres défaillants », dénonce-t-elle dans la tribune d’une pétition  contre l’extension de la fourrière.

« C’est tout à fait troublant, ce n’est pas du tout la mission des fourrières d’appeler les particuliers à déposer les animaux », indique Maître Stéphane Wandrey, collaborateur de l’avocat de One Voice, pour qui l’intercommunalité organise là une « vente d’animaux » à la fourrière. « On n’est pas dans une cession pour les garder ou leur trouver une situation. C’est une solution qui va mener à la mort », pointe-t-il la différence avec un abandon en refuge.

Sur une affiche placardée à l’entrée de la fourrière

Pour la Cirest, ça éviterait aux propriétaires « d’abandonner dans la nature »

Contactée, la Cirest évoque une pratique visant à pallier le manque d’accueil en refuge, faute de places ou de ressources (un manque d’accueil d’ailleurs lié au fait que la Cirest n’a pas souhaité créer de refuge sur son territoire). Pour y remédier « les établissements qui ont pour activité la fourrière animale peuvent accueillir les abandons d’animaux en faisant payer ou pas l’abandon », ce qui éviterait aux propriétaires « d’abandonner dans la nature ». Questionnée sur la légalité du procédé, l’intercommunalité rétorque qu’il s’agit d’une pratique tolérée par la DAAF. Également sollicitée, cette dernière n’a pas donné suite à nos questions.

La dégressivité du tarif reste quant à elle inexplicable, même si l’obligation du versement d’une somme d’argent est mise en avant comme un moyen de « responsabiliser » les propriétaires.

Rappelons que l’abandon est considéré comme un acte de cruauté, au même titre que la maltraitance animale. Hors du cadre légal, il est passible de 2 ans de prison et 30.000 euros d’amende.

Marine Abat

source : Zinfos974